C’est au Bistro Part-Ici et dans une atmosphère conviviale mais néanmoins consacrée que le Service bénévole de l’Est de Montréal – SBEM a organisé le 15 octobre dernier un très prometteur 4@7 autour du projet de promotion de l’engagement bénévole « Le bénévolat, une participation citoyenne et inclusive au service de la communauté montréalaise ». La rencontre a réuni les leaders d’organismes ethnoculturels de l’île de Montréal, le maire de l’arrondissement Rosemont— la Petite-Patrie M.André Lavallée, le député de Rosemont— la Petite-Patrie, M. Bernard Bigras, les sept centres d’action bénévole, Centraide du Grand Montréal ainsi que d’autres partenaires du SBEM.
L’objectif de la rencontre était de créer une dynamique et élaborer une démarche concertée des organismes présents afin de mettre en place des stratégies pour enrayer la diminution de l’engagement bénévole sur l’île de Montréal, qui pourrait, à terme, remettre en cause l’existence même des organismes communautaires.
Un portrait des bénévoles qui s’engagent aujourd’hui a été dressé. Leur visage et leurs motivations ont changé. En effet, au SBEM, dont les statistiques corroborent celles de Statistique Canada, les bénévoles sont issus de 67 pays différents, ils sont jeunes, très scolarisés et 63% d’entre eux sont des personnes actives, en emploi ou aux études. « Les jeunes s’attendent à ce qu’on leur propose des projets « innovants » et qu’on les responsabilise, ils s’engagent moins et sur de courtes périodes », a souligné Mme Françoise Boucher, directrice du SBEM.
« À travers ce projet, le SBEM vise trois enjeux majeurs. Premièrement, mettre autour d’une même table, les organismes ethnoculturels, les organisations jeunesse et les centres d’action bénévole, pour réfléchir ensemble à l’avenir de l’action bénévole qui doit s’adapter à la nouvelle cohorte de bénévoles. Dans un second temps, utiliser l’action bénévole comme un canal devant faciliter l’interaction entre différentes communautés culturelles. Et enfin, convaincre les leaders d’organismes monoethniques et jeunesse, à s’engager comme ambassadeurs de la promotion d’un bénévolat inclusif auprès de leurs communautés respectives », a ajouté M. Fimba Tankoano, chargé de projet.
De nombreuses réactions, questions et propositions ont suivi la présentation du projet. Mme Guemiri, coordonnatrice au Réseau de l’est de l’Île pour les services en anglais, s’est inquiétée de la position actuelle du ministère de l’immigration et des communautés culturelles – MICC : « Il faudrait défaire le mythe porté par le MICC qui conseille aux nouveaux arrivants de faire du bénévolat pour trouver un emploi. Et nuancer cette approche en expliquant aux gens que le bénévolat va leur permettre de se créer des réseaux, qui vont ensuite les aider à mieux s’intégrer et rendre leur recherche d’emploi plus aisée ».
Mme Berger, représentante du Congrès juif canadien région du Québec a expliqué comment son organisme travaille à inculquer aux jeunes une culture du bénévolat. « Depuis plusieurs années, nous travaillons avec les écoles secondaires. Les étudiants doivent effectuer un certain nombre d’heures de bénévolat. Nous essayons de transformer une expérience forcée en une culture du bénévolat. Pour ce faire, nous impliquons certains étudiants qui vont la présenter comme quelque chose de « cool », pour que les autres étudiants s’engagent à long terme », a-t-elle précisé.
Suite à la période de question, les organismes ont pu réseauter et apprendre à se connaître autour d’un buffet. Un questionnaire a été remis aux participants et des ateliers de planification vont être mis en place afin de définir un plan d’action conjoint.
Le SBEM est un organisme communautaire sans but lucratif qui existe depuis 1982. Sa mission est de promouvoir le bénévolat et l’entraide dans la communauté par le déploiement de bénévoles. Il recrute, conseille et oriente, selon leurs intérêts, disponibilités et capacités, les aspirants bénévoles vers les différents organismes qui ont besoin de leur service.
Sonya Ouali






Photos: SBEM






