La première chose que j’ai à dire sur les manifestants qui ont participé aux émeutes du G20 la fin de semaine dernière, dont plusieurs se disent pacifistes, c’est qu’ils n’aiment pas le soccer...

Ils ont raté les matchs de qualité de la Coupe du Monde qui ont eu lieu ces jours-là et tant pis pour eux.  

S’ils avaient écouté ce qui s’est passé la journée de samedi, ils pourraient constater qu’à peine 11 garçons africains ont pu battre l’Empire, sans recourir à la violence. Ghana 2 - États-Unis 1, ce qui a éliminé les américains du tournoi. 

Pour ces manifestants, la journée a été doublement gâchée, car ils n’ont pas pu atteindre leur but : détruire le monstre de 20 têtes (le G20), qu’à leurs yeux incarne le Diable et tout le capitalisme sauvage. De plus, ils ont raté la Coupe du Monde.  

Quel dommage !!! 

                                                                      II 

La deuxième chose à dire, c’est qu’on en a marre de voir comment partout dans le monde où se déroule une réunion des organismes internationaux - FMI, Banque Mondial- ou des chefs d’état, que ça soit aux États-Unis, en Europe ou au Canada, il y a toujours cette sorte de touristes-manifestants venus des différents coins du monde qui se réunissent pour diriger les révoltes contre ces événements. Toujours en proclamant la même litanie : des propos contre le capitalisme, contre la globalisation, contre le néo-libéralisme …blablabla… et souvent, ils ne font pas grande chose à part provoquer le chaos et des dégâts aux villes où ils installent leurs champs de bataille.  La preuve : les faits lamentables parvenus à Toronto, la fin de semaine dernière.   

Ces groupes ne participent pas seuls. Ils ont des partisans locaux, en plus d’être nourris par une grande masse de naïfs, qui rêvent de faire une révolution et qui pensent que l’art de la révolution c’est de démolir littéralement un pays. Moi, je leur dirais, détruire c’est facile, c’est le labeur d’un imbécile. Construire c’est le but d’un vrai révolutionnaire.  

Il y a une autre sorte de collaborateurs : ceux qui cherchent des aventures pour donner un peu d’émotion à leurs vies, peut-être pour se vanter devant leurs amis. Ce sont des aventuriers de salon. À la fin de la journée, ils vont tous se réunir pour jaser de leurs aventures, tout en buvant une Budweiser froide.  

Quel horreur le capitalisme sauvage !!! 

On peut ajouter une autre espèce de manifestant : ceux qui chialent sur tout et partout. C'est ceux qui ont comme mission de tout critiquer et qui profitent de l’occasion pour se vider le cœur. Je suis persuadé que plusieurs d'entre eux ont critiqué furieusement le budget milliardaire du gouvernement Harper destiné à garder la sécurité des invités aux réunions du G8 et G20. Mais avec leur participation aux bagarres qui ont eu lieu à Toronto la fin de semaine dernière, ils n’ont fait que justifier ce budget, en plus de provoquer des dégâts additionnels à la ville de Toronto. 

                                                                     III 

La troisième chose à dire, c’est qu’à Toronto, la journée des manifestations on a vu les mêmes symboles qu’année après année on voit chez les protestataires du genre. Pour eux, l’histoire n'a pas changé. On voit encore la faucille et le marteau, symbole du parti communiste. Si on se rappelle, ce symbole on l’a vu tomber parterre comme les bustes de Lénine ou Marx, rejetés par le même peuple de l’ancienne Union Soviétique qu’un jour les avait adorés. Ce n’est pas pour rien que tout ça est arrivé.  

À Toronto on a vu aussi l’éternelle image du Che Guevara. Ce symbole est aujourd’hui une triste marchandise en profit du capitalisme sauvage. Les gens l’achètent en poster, en chandails, en livres, en drapeaux, même sans savoir grande chose du personnage. Ils pensent à lui comme un rebelle, un guérillero. Mais, sauraient-ils quelle a été sa révolution, où il est né, où se trouve la Bolivie, scenario de sa guérilla et lieu où il a trouvé la mort. Plus encore, sauraient-ils quel est l’héritage que le Che a laissé à Cuba? Les canadiens connaissent le Cuba de Varadero et plusieurs croient que ça c’est le vrai Cuba, sans imaginer ce qui se cache à l’autre bout de l’Île. 

                                                                       IV 

Ce mélange de manifestants de profession et de naïfs, impliqués dans des actes sévères de vandalisme  -à l’exception de quelques-uns qui essayent de garder leurs distances afin de sauver leurs peaux- pensent-ils qu’ils ont la capacité de nous montrer le bon chemin à suivre? 

Dans mon opinion, la réponse est non.  J’ai déjà vu assez de tout ça, donc ne comptez pas sur moi pour me donner une leçon.  

Victor H. Ortiz


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